Le voyage de Trice : Le Bas-Poitou

Nieul-sur-l’autise

Altitude 58 m. Nieul-sur l’Autise trône majestueusement dans son écrin de verdure, au cœur du marais poitevin. calme et reposante, ou pousse Kiwi, et raisin en pleine ville, un régal !

Copyright © Little Trice

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Abbaye royal Saint-Vincent

Protégée fièrement par Aliénor d’Aquitaine, l’abbaye témoigne encore du rayonnement spirituel et de l’effervescence économique du Bas Poitou au Moyen-âge. Un joyau d’histoire.

Fondée en 1068 par Ayraud Gadessenier, seigneur de Vouvant. Elle accueillit initialement une communauté de chanoines réguliers de saint Augustin appartenant à la congrégation des génovéfains.

 Ils sont chargés d’assainir le marais poitevin. Déclarée abbaye royale en 1141 par le roi Louis VII, époux d’Aliénor d’Aquitaine depuis 1137, l’ensemble fut largement ruiné par les guerres de religion.

 On doit en partie sa sauvegarde et sa restauration à Prosper Mérimée, impressionné par ce qui restait de l’ensemble «roman poitevin». La mère d’Aliénor d’Aquitaine, Aénor de Châtellerault, duchesse d’Aquitaine y est inhumée.

Airaud Gassedenier, seigneur de Vouvant, fait don pour le salut de son âme, d’un domaine à des chanoines : c’est l’origine de l’abbaye, dont la construction débute aussitôt.

 Sa puissance s’affirme au début du XIIIe siècle avec l’abbé Pierre II, qui s’unit avec les religieux de Maillezais, L’AbsieSt-Maixent et St-Michel-en-Herbe pour drainer et assécher l’insalubre golfe des Pictons et le conquérir sur la mer. 

Le marais poitevin est né. Les Guerres de Religion mettent à mal l’ensemble des bâtiments, relevés dans la première moitié du XVIIe siècle par l’abbé Pierre Brisson qui, à nouveau, fait prospérer la maison des chanoines.

 Mais la nomination de l’abbé Balthasar de la Vrillière, en 1698, marque la fin de l’abbaye.

Le dortoir. 

Tous les chanoines couchent dans le dortoir commun. Seul le chapelain, cause de sa charge paroissiale, et le chambrier disposent d’une chambre particulière accordée par l’abbé. 

À partir du XVe siècle, la volonté papale s’affirme progressivement ; elle influe alors directement sur les nominations, parfois même pour un simple chanoine, comme Regnaud de Meules, choisi en 1465 par le pape Paul II lui-même. 

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Dans la deuxième moitié du XVI siècle, ces nominations mettent à la tête de l’abbaye une famille renommée : les Plessis de Richelieu. René est nommé abbé en 1564 ; Jacques, l’oncle du futur évêque de Luçon, lui succède en 1580

Le cloître

Les processions entre le cloître et l’église scandent chaque jour la vie des chanoine silence et prière sont de rigueur pendant ces lents déplacements. Selon la Règle, on admet dans le cloître « que des laïcs de vie honnête et les seigneurs temporels ». 

Dès le XIe siècle, ces derniers , par d’abondants présents, participent à l’essor de l’abbaye. Ainsi en 1076, guillaume VIII, comte de Poitou et duc d’Aquitaine, confirme la fondation du monastère en octroyant à nouveau des terres aux chanoines. 

Blason des comtes de Poitiers Crown of a Duke of France (variant).svg

Au XIIe siècle, sa petite-fille fait d’avantage. La reine Aliénor d’Aquitaine, dont la mère reposait près de la salle capitulaire, leur obtient des dotations et des privilèges supplémentaires. 

À sa demande, son époux, Louis VII, prend directement sous sa protection l’abbaye Saint-Vincent, qui devient abbaye royale en 1141 

La salle capitulaire

En 1139, le concile de Latran place les chanoines de Nieul sous l’autorité de la Règle de Saint-Augustin, un ensemble de textes qui préconisent la pauvreté individuelle, dans un esprit de charité et d’unité.

Chaque matin, après la messe de Prime, un frère sonne le début du chapitre. L’abbé s’assoit à l’est, au milieu du banc de pierre, et les chanoines prennent place autour de lui.

Ils écoutent d’abord la lecture de la Règle et son commentaire ; l’abbé indique ensuite le déroulement de l’office du lendemain et les tâches de la journée. Après l’office des vêpres, vers 17 heures, on s’y rassemble une dernière fois pour une lecture de piété avant le repas léger du soir. 

Le réfectoire

Après les ablutions au lavabo jouxtant la porte d‘entrée, sous la galerie, les chanoines entrent en silence dans le réfectoire, gagnent leur place et attendent, debout, l’arrivée de l’abbé. 

La lecture d’un passage des Saintes Écritures accompagne le repas, pris dans un silence absolu.

Dans sa période la plus florissante, aux XIIe et XIIIe siècles, l’abbaye compte une vingtaine de chanoines. Pourtant, après les Guerres de Religion, en 1617, il ne s’y trouve plus que cinq religieux résidant : le prieur, le chambrier, le sacristain, l’aumônier et un novice.

 Les chanoines et leur abbé tirent l’essentiel de leurs revenus de la mense, un ensemble de terres et de marais offerts à l’abbaye, qu’ils possèdent en commun et dont ils conservent les droits féodaux : les habitants ont ainsi obligation de faire cuire leur pain dans le four de la seigneurie de La Motte, propriété des chanoines.

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